"Comprendre Avioth" avec l'Abbé Rozet


L’abbé ROZET résume pour le visiteur d’AVIOTH l’essentiel de la deuxième partie de son livre «Comprendre AVIOTH». La première partie permet de découvrir les étapes de la construction de l’édifice.
Pour cet ouvrage, en vente à la maison du pèlerin, le Père Paul Christian GREGOIRE, historien de l’abbaye d’Orval écrivit à l’auteur :
En passant par AVIOTH, j’ai découvert votre livre Comprendre Avioth et je l’ai acheté. Avant tout, je tiens à vous dire que le l’ai apprécié car il apporte de précieuses lumières sur l’histoire et la construction de ce magnifique ensemble architectural. Votre ouvrage enrichit considérablement la remarquable étude de Wilhelm EWALD intitulée AVIOTH, dans «Kunstdenkmämer zwischen Maas und Mosel, éditée à Munich en 1921, p199-239».

DEUX STATUES DE NOTRE DAME SONT VENEREES EN CE HAUT LIEU MARIAL :

NOTRE DAME d'AVIOTH accueille les pèlerins depuis le début du XIIème siècle.
LA RECEVRESSE préside dans l'oratoire auquel elle a donné son nom. De la statue originelle il ne reste que la tête sauvée de la fureur révolutionnaire (1793). Elle datait du XIV. La statue actuelle a été placée en 1803.

DEUX ENIGMES A AVIOTH :

- Pourquoi deux statues de Marie ? Concurrentes ?
- Pourquoi cet édifice hexagonal si richement orné : la RECEVRESSE ?

LA LEGENDE D'AVIOTH :

La Statue de Notre Dame fut trouvée sur un buisson d'épines. Elle y revint jusqu'à ce qu'une église lui fut construite.
Une thèse non fondée : L'édifice « RECEVRESSE » serait le tribunal des échevins d'AVIOTH... Cette thèse ne prend appui ni sur les documents ni sur l'histoire d'AVIOTH, mais surtout elle est en contradiction avec la coutume observée dans toutes les agglomérations affranchies à la «Loi de
BEAUMONT» (*)
Cette « loi » est la charte octroyée aux habitants de BEAUMONT par l'archevêque de REIMS. Elle précise les libertés nouvelles et les droits mais aussi les obligations, interdictions, impôts, sanctions etc… qui réglementent désormais la Vie dans la « Cité nouvelle ».
Cette charte plut à LOUIS IV de Chiny qui l'adopta pour son Comté. Avioth en fut la première bénéficiaire en 1223. L'affranchissement créait une « ville neuve » dont le symbole consistait en une croix monumentale érigée sur un socle à plusieurs degrés. Elle présidait aux actes officiels des élus de la commune. Avioth n'a pas fait exception puisqu'elle eut aussi cet emblème. Son emplacement nous est connu par un dessin à la plume de 1830. Le pèlerin passant le portail du cimetière laissait à sa gauche la Recevresse et à sa droite ce symbole d'affranchissement. Là, là seulement, se rendait la justice.


L'HISTOIRE :

Des documents (*) permettent de cerner les origines du pèlerinage : Chartes d'affranchissement, lettres etc. et particulièrement un important texte du prêtre DELHOTEL qui fut curé de 1636 à 1682. Dans le «BREF RECUEIL» de toutes ses connaissances sur le pèlerinage, il explique :
"Représenté-vous,.fidels, que aussitôt l'invention de cest sainte Image de Nostre Dame, au lieu comme cidesus nous avons dit, plussieurs miracles se sont veus et infalliblement bien avérés et recoignus, et de diverses subjets, ce qui at, par inspiration du Saint Esprit, obligé les potentats ecclésiastiques et temporels de résouldre l'establissement de cette église".
Parmi les « diverses subjets » miraculeux, il y eut les « signes de vie » des enfants morts-nés, déposés aux pieds de Notre-Dame, grâce auxquels on s'autorisait à donner le baptême (pèlerinage à répit) ce qui fut interdit par le Vicaire général de Trèves le 25 mai 1786.
Il fallut que « les potentats ecclésiastiques et temporels » s'accordent pour que l'église sorte de terre... Il y eut donc auparavant des démêlés ! (buisson d'épines). Les documents attestent en effet une opposition entre l'abbaye St Symphorien de Metz, propriétaire de la paroisse St Brice dont Avioth faisait partie et le Seigneur du lieu Le Comte de Chiny et ses successeurs. L'affranchissement, la donation (juillet 1223 - fin juin 1224) ne sont que les premières péripéties.
La situation issue de ce double affranchissement se révèlera conflictuelle, le comte ayant gardé en sa possession le terrain où va se construire l'église dédiée à Notre-Dame.
L'abbaye est présente à Avioth à un double titre : Paroisse ST BRICE et Pèlerinage... Lorsque l'église, suffisamment avancée, rassemblera les paroissiens, elle les rassemblera en territoire du comte...
Lorsque Notre-Dame entrera dans son église, les pèlerins viendront la prier en territoire du comte... (alors, à qui leurs offrandes ?)

COMMENT L'ABBAYE VA-T-ELLE GARANTIR SON DOUBLE TITRE DE PROPRIETE ?

1) Elle passe des accords avec le propriétaire du territoire :
- 1224 La donation de l'abbaye cache un compromis entre elle et le comte de CHINY (1)
- 1323 Un accord rend possible l'entrée de Notre-Dame dans son église (2). En 1326 Louis VI institue Habrant  Seigneur de BREUX »
- 1432 L'abbaye doit partager avec le Seigneur de BREUX le droit de nommer le curé d'Avioth (alternativement). L'accord se concrétise dans l'embellissement conjoint de la Recevresse et du portail du cimetière. (3)
2) Elle maintient les lieux où s'enracinent ses droits :
- La petite église ST BRICE devient ermitage en gardant son titre d'église-mère avec obligation de grand'messe à la St Brice et au 3e` jour des rogations.
- Une statue de Marie se substitue à NOTRE-DAME D'AVIOTH pour RECEVOIR en son lieu et à sa place les dons, avec la coutume de la procession d'offrandes «collectées de maison en maison» à la fête de la décollation de St Jean Baptiste.

LA RECEVRESSE est donc la statue de substitution de la Vierge (vénérée alors depuis 200 ans déjà) pour recevoir en son nom les offrandes ;
Son oratoire (LA RECEVRESSE) recouvre l'emplacement originel de Notre Dame d'Avioth.

(*) Ces documents se trouvent dans « Comprendre Avioth ».
Dans « Comprendre Avioth » 2ème partie : (1) ch.I (2) ch.II (3) ch.III
Ce livre comporte en plus l'argumentation topographique

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